Vigilance citoyenne — Deux risques cyber actifs cette semaine au Cameroun

Note publique OBS-CC — 25 mai 2026

Deux situations distinctes créent simultanément, cette semaine, un terrain favorable aux arnaques en ligne au Cameroun. L’Observatoire de Cybersécurité du Cameroun (OBS-CC) appelle le public, les partenaires et les agents concernés à la vigilance.

Risque n°1 — Faux SOCADEL et fausses identités de dirigeants

Depuis la création de la Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL) par décret du 04 mai 2026, qui succède à ENEO, des individus malveillants exploitent la transition pour usurper l’identité de la nouvelle entreprise. Le 21 mai 2026, la Direction de la Communication de SOCADEL a publié un communiqué officiel alertant sur ces pratiques.

Ce qu’il faut savoir. Aucun compte SOCADEL n’est officiellement reconnu à ce jour sur Facebook, X (ex-Twitter), LinkedIn, YouTube, Instagram, TikTok ou WhatsApp. La communication officielle passe transitoirement par les canaux brandés ENEO (notamment eneo.cm), le temps que la nouvelle identité visuelle et les canaux officiels SOCADEL soient déployés.

Comment les escrocs opèrent.

  • Création de faux comptes au nom de SOCADEL sur les réseaux sociaux.
  • Appels téléphoniques, WhatsApp, SMS ou courriels prétendant venir de membres du Conseil d’administration, de dirigeants SOCADEL ou de membres du Gouvernement.
  • Offres de faux recrutements, fausses promotions internes, demandes d’argent ou de documents personnels en échange d’un « avantage ».
  • Sollicitations urgentes auprès de partenaires ou fournisseurs, prétextant une transition à finaliser.

Réflexes à adopter.

  • Considérer comme faux tout compte SOCADEL sur les réseaux sociaux tant que l’entreprise n’a pas officiellement publié sa nouvelle identité visuelle.
  • Ne jamais transférer d’argent ni transmettre de pièce d’identité, photo, numéro de compte ou code de confirmation à la suite d’une sollicitation non vérifiée.
  • Vérifier toute information importante par les canaux officiels actuellement reconnus (eneo.cm, agences physiques, numéros officiels figurant sur les factures).
  • Pour les partenaires et employés : appliquer la double validation pour toute instruction « urgente » au nom d’un dirigeant — rappeler la personne sur un numéro officiel connu et confirmer par un second canal.
Risque n°2 — Arnaques « régularisation douane » liées au blocage des téléphones non dédouanés

À compter du 25 mai 2026, MTN Cameroun, Orange Cameroun et Camtel doivent procéder, sur instruction de la Direction Générale des Douanes (note du 18 mai 2026), au blocage des terminaux mobiles n’ayant pas acquitté les droits de douane depuis le 1er avril 2026. Près de 700 000 appareils sont concernés.

Le risque dérivé. Cette mesure crée une fenêtre d’opportunité pour des campagnes d’ingénierie sociale opportunistes. Les escrocs exploitent la confusion et l’urgence ressenties par les usagers pour proposer de fausses « régularisations express » contre paiement immédiat.

Signaux d’alerte.

  • SMS ou WhatsApp prétendant venir des Douanes, de MTN, d’Orange ou de Camtel, avec un lien à cliquer ou un numéro à appeler pour « débloquer votre téléphone ».
  • Appels demandant un code OTP, un numéro de pièce d’identité ou un transfert MoMo pour « finaliser la régularisation ».
  • Faux sites copiant l’apparence des douanes ou des opérateurs, demandant un paiement par carte ou mobile money.
  • Faux agents proposant un « service de régularisation » dans les rues, contre des frais cash.

Réflexes à adopter.

  • Les vraies démarches de dédouanement passent par les services officiels des Douanes et les agences physiques des opérateurs — jamais par un SMS isolé avec un lien.
  • Ne jamais communiquer un code OTP, même à un interlocuteur se présentant comme agent d’un opérateur ou des Douanes.
  • En cas de doute, se rendre directement dans une agence physique de son opérateur ou consulter les communiqués officiels publiés sur leurs sites.
  • Vérifier les domaines des liens reçus : un vrai courriel d’opérateur n’utilise pas un domaine inconnu.
Règles transversales — Quatre principes pour cette semaine
  1. Le doute coûte moins cher que la précipitation. Si une demande arrive avec urgence, par un canal inhabituel, et exige un paiement ou des données personnelles, c’est presque toujours une arnaque.
  2. Aucun dirigeant, aucune institution sérieuse ne demande de transfert MoMo par téléphone. Ni SOCADEL, ni les Douanes, ni les opérateurs télécoms.
  3. Le code OTP ne se partage jamais. Même à un « agent » qui se présente comme tel. Aucun service légitime ne le demande.
  4. Vérifier par un second canal avant tout engagement : rappeler un numéro officiel connu, consulter un site officiel, passer en agence.
En cas de tentative ou de victimisation
  • Signaler les faits à l’ANTIC via le numéro vert 8202 dédié à la cybercriminalité.
  • Pour les fraudes Mobile Money : contacter immédiatement le service client de l’opérateur (MTN, Orange, Camtel) et déposer plainte auprès de la police judiciaire.
  • Conserver les preuves : captures d’écran des messages, numéros utilisés, références de transaction.
  • Pour les cas concernant SOCADEL : suivre les instructions du communiqué officiel du 21 mai 2026 et, le cas échéant, attendre la communication officielle de l’entreprise concernant ses canaux de signalement.

Cette note est publiée par l’Observatoire de Cybersécurité du Cameroun (OBS-CC) dans le cadre de sa veille hebdomadaire. Elle s’appuie sur le communiqué officiel SOCADEL du 21 mai 2026, la note de la Direction Générale des Douanes du 18 mai 2026 et les sources publiques associées.

OBS-CC — Observatoire de Cybersécurité du Cameroun obs-cc.org — contact : mon@obs-cc.org

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